L’article 14
de la loi sur les baux commerciaux fixe les formes et délais dans lesquels le
preneur peut demander le renouvellement du bail pour une nouvelle période de 9
ans.
Il doit
notamment exprimer sa demande auprès du bailleur par lettre recommandée ou
exploit d’huissier entre le 18ième et le 15ième mois
précédant l’expiration du bail.
La
notification doit indiquer les conditions auxquelles le preneur lui-même est
disposé à conclure le nouveau bail et contenir la mention qu'à défaut de
notification par le bailleur, suivant les mêmes voies et dans les trois mois,
de son refus motivé de renouvellement, de la stipulation de conditions
différentes ou d'offres d'un tiers, le bailleur sera présumé consentir au
renouvellement du bail aux conditions proposées.
Ces délais,
formes et mentions sont prescrites à peine de nullité de la demande de
renouvellement.
Cependant il
peut arriver que lors de la négociation préalable à la conclusion du bail, le
preneur se soit assuré de ce que le bailleur ne refusera pas le premier
renouvellement.
Les parties
concluent alors un accord de renouvellement, par hypothèse avant la période
fixée par la loi pour introduire la demande de renouvellement.
Le bailleur y
trouve son compte car il s’assure une location sur une longue période ; il
peut aussi obtenir des compensations en contrepartie de cette assurance de
renouvellement.
Que vaut
pareil accord ?
Rien, car le bailleur
peut en obtenir la nullité.
La loi prévoit
que le preneur doit demander le renouvellement s’il veut bénéficier d’un
nouveau terme (art. 14). Cette disposition est impérative en faveur du
bailleur.
Il en résulte
que seule la partie protégée, le bailleur en l’occurrence, peut renoncer à
cette protection. Pour cela il faut que la protection ait joué, autrement dit
il faut que cela se produise au moment où a débuté la période pendant laquelle
le renouvellement peut être demandé.
Il en résulte
qu’un accord de renouvellement conclu entre le preneur et le bailleur ou même
le futur bailleur, avant que ne débute la période de 3 mois
de l’article 14, peut être frappée de nullité relative à la demande du
bailleur.
Mauvaise
surprise pour le preneur …
Ce n’est pas
la première fois que la Cour de cassation rappelle ce principe : voyez
notre actualité du 7 avril 2003 « Piège dans la convention de
renouvellement de bail commercial (cassation 21 mars 2003) » sur www.businessandlaw.be/article401.html.
Que faire
alors ?
La parade est
simple : conclure directement un bail de 18 ans. En ce cas, la convention
doit être passée en forme authentique et transcrits à la conservation des
hypothèques (art. 1er al. 2 et 3 de la loi du 16 décembre 1851).
Pour terminer,
voici les attendus de la Cour dans la langue de l’arrêt :
“Overwegende
dat artikel 14, eerste lid, van de Handelshuurwet bepaalt dat de huurder die
het recht op hernieuwing verlangt uit te oefenen, zulks
op straffe van verval bij deurwaardersexploot of bij aangetekende brief ter
kennis van de verhuurder moet brengen, ten vroegste achttien maanden, ten
laatste vijftien maanden voor het eindigen van de lopende huur ; dat dit lid
verder bepaalt dat de kennisgeving op straffe van nietigheid de voorwaarden
moet opgeven waaronder de huurder zelf bereid is om de nieuwe huur aan te gaan
en de vermelding moet bevatten dat de verhuurder geacht zal worden met de
nieuwe huur in te stemmen, indien hij niet op dezelfde wijze binnen de drie
maanden kennis geeft ofwel van zijn met redenen omklede weigering van
hernieuwing, ofwel van andere voorwaarden of van het aanbod van een derde ;
Dat
de huurder aldus de huurhernieuwing moet aanvragen aan de verhuurder
;
Dat
die bepaling van dwingend recht is ten voordele van de verhuurder
;
Dat
alleen de beschermde partij, met name de verhuurder,
van die dwingende bepaling afstand kan doen en dit enkel wanneer de in artikel
14, eerste lid, bepaalde termijn voor de aanvraag tot huurhernieuwing reeds is
aangevangen ;
Dat
uit het voorgaande volgt dat een overeenkomst van huur-hernieuwing
die wordt gesloten voor dat de in artikel 14, eerste lid, van de Handelshuurwet
bepaalde termijn is ingegaan, tussen een huurder en een partij die nog geen
verhuurder is op het ogenblik van het sluiten van de overeenkomst, ook al wordt
die gesloten onder de opschortende voorwaarde dat die partij verhuurder wordt,
relatief nietig is en geen gevolg kan hebben wanneer de verhuurder geworden
partij zich op de nietigheid ervan beroept ;
Dat
het middel faalt naar recht ;”
(Cass. 28 janvier 2005, rôle n° C030637N, www.cass.be).