Note liminaire
Il sera question
de décrire, de manière sommaire et standardisée, l’enregistrement en Belgique des
opérations de leasing et de renting dans le chef d’une société active dans ce
type d’activité.
Les notions ici abordées
ont de ce fait un caractère général. La
comptabilisation - ainsi que les règles d’évaluation sous-jacentes - devront être
adaptées à l’activité précise de la société, et même, à chaque type de contrats
différents qu’elle propose à ses clients.
Les illustrations ont
été simplifiées, notamment en terme de nombre de loyer, afin de ne pas alourdir
les exemples d’éléments factuels. Les
données financières reprises dans les cas pratiques sont purement exemplatives
et ne reflètent pas forcément le marché financier actuel.
Droit comptable belge : principe de base
Le principe de
base qui préside à la comptabilisation du leasing, en droit comptable belge,
est d’attacher plus de poids à la finalité économique de l’opération plutôt
qu’à la qualification juridique donnée à l’opération.
Il convient de
noter que la définition du leasing donnée par le droit comptable belge n’est
pas forcément identique à celle donnée en matière de doit commercial ou encore,
dans le secteur bancaire. La définition
comptable servira essentiellement à voir si le contrat à enregistrer répond ou
non aux conditions nécessaires que pour être activé.
Ainsi, l’arrêté
royal prescrit la comptabilisation, à l’actif du bilan, des biens dont une
société dispose économiquement en vertu d’un contrat de leasing et ce, même si
la propriété juridique reste acquise à une autre société qui assure le
financement du bien faisant l’objet du contrat.
En contrepartie,
les droits du propriétaire, créancier des annuités de reconstitution de la
valeur en capital du bien, sont inscrits dans le bilan de ce dernier sous les
créances.
L’opération de
leasing répond, d’un point de vue comptable, à la définition suivante donnée
par l’article 95, § 1er III. D de l’arrêté royal du 30 janvier 2001
portant exécution du Code des sociétés.
III. D. Location-financement et droits similaires.
Sont portés sous cette rubrique :
1° les droits d’usage à long terme sur des
immeubles bâtis dont la société dispose en vertu de contrats d’emphytéose, de
superficie, de location-financement ou de conventions similaires, lorsque les
redevances échelonnées dues en vertu du contrat couvrent, outre les intérêts et
les charges de l’opération, la reconstitution intégrale du capital investi par
le donneur dans la construction ;
2° les droits d’usage sur des biens meubles
dont la société dispose en vertu de contrats de location-financement ou de
conventions similaires, lorsque les redevances échelonnées dues en vertu du
contrat, majorées, si le preneur dispose d’une option d’achat, du montant à
payer en cas de levée de l’option, couvrent, outre les intérêts et les charges
de l’opération, la reconstitution intégrale du capital investi par le donneur
dans le bien. Le montant à payer en cas de levée de l’option d’achat n’est
toutefois pris en considération que s’il représente quinze pour cent au plus du
capital investi par le donneur dans le bien.
Est assimilée à un prix de levée de l’option
d’achat visée au 2°, dans la limite susvisée de quinze pour cent, la partie en
capital des redevances prévues au contrat en cas d’usage d’une faculté de
proroger l’opération.
Est assimilé à une redevance visée au 1° et 2°,
pour autant qu’il soit déterminé :
a) le montant dû par le preneur pour
l’acquisition des droits réels que le donneur possède sur le bien immeuble ou
meuble en cause, lorsque, lors de la conclusion de l’opération, il s’est
engagé, éventuellement à l’option du donneur, à acquérir ces droits ;
b) dans le chef du donneur, le montant à
recevoir par lui d’un tiers pour la cession des droits réels qu’il possède sur
le bien immeuble ou meuble en cause, lorsque, lors de la conclusion de
l’opération, ce tiers s’est engagé, éventuellement à l’option du donneur, à
acquérir ces droits.
Il en ressort deux
éléments importants :
18.0pt;line-height:14.0pt;mso-list:l5 level1 lfo1;tab-stops:list 36.0pt'>
-
la reconstitution intégrale du capital (en fonction
des conditions normales de marché),
18.0pt;line-height:14.0pt;mso-list:l5 level1 lfo1;tab-stops:list 36.0pt'>
-
l’option d’achat (leasing mobilier) de fin de
contrat qui n’est prise en compte que pour autant qu’elle ne dépasse pas 15 (le législateur a en effet, d’une manière
relativement arbitraire, fixé le seuil de prise en considération de l’option à
15 %, jugeant qu’une option supérieure est un indice de non transfert des risques
économiques, le preneur n’allant probablement pas exercer l’option au terme du
contrat).
C’est ainsi que bon
nombre de contrats de leasing, par exemple ceux proposés dans le secteur
automobile, comportent une option d’achat de 14 % qui seront comptabilisés dans
le chef du preneur comme leasing et des contrats similaires mais avec option
d’achat de 16 % qui seront comptabilisés comme location (renting) dans le chef
du preneur de contrat.
Le client a de ce
fait, pour une différence insignifiante en terme de loyer mensuel et en terme
de philosophie de l’opération, le choix de l’opération qui, d’un point de vue
comptable, lui convient le mieux.
La
comptabilisation dans le chef du donneur de leasing sera évidemment corrélative
à celle du preneur de leasing.
Exemple chiffré 1 : Leasing dans le chef du
bailleur
Données :
Valeur de contrat :
400.000
Valeur de l’option :
25.000
Valeur
d’acquisition du bien : 400.000
Durée du contrat :
5 ans
Date de
début du contrat : 1/1/N (1er janvier de l’année N)
Durée de vie
économique du bien : 5 ans
Taux
d’intérêt : 8 %
Annuité fixée à 100.182,58
Tableau :
|
Période
|
Annuité
|
Intérêts
|
Principal
|
Solde restant du
|
|
N
|
100.182,58
|
32.000,00
|
68.182,58
|
331.817,42
|
|
N+1
|
100.182,58
|
26.545,39
|
73.637,19
|
258.180,23
|
|
N+2
|
100.182,58
|
20.654,42
|
79.528,16
|
178.652,07
|
|
N+3
|
100.182,58
|
14.292,17
|
85.890,42
|
92.761,65
|
|
N+4
|
100.182,58
|
7.420,93
|
92.761,65
|
0,00
|
|
total
|
|
100.912,91
|
400.000,00
|
|
1/1/N : Achat du bien destiné au
leasing
|
604
|
|
Achat de marchandises destinées à la
location financement
|
400.000
|
|
|
411
|
|
TVA sur achat
|
84.000
|
|
|
440
|
A
|
Fournisseurs
|
|
484.000
|
1/1/N : Transfert du montant financé à
la conclusion du contrat
|
290
|
|
Créances commerciales à plus d’un an
(partie reconstitution du capital)
|
331.817,42
|
|
|
400
|
|
Créances commerciales à un an au plus
|
68.182,58
|
|
|
70
|
A
|
Chiffre d’affaires
|
|
400.000
|
Enregistrement dans les comptes hors bilan
de l’option d’achat
|
052
|
|
Débiteurs pour engagements de cession
|
25.000
|
|
|
053
|
A
|
Engagements de cession
|
|
25.000
|
1/1/N : Loyer (à chaque date anniversaire,
par anticipation)
|
400
|
|
Client (la partie capital ayant été déjà
comptabilisée, on enregistre plus que la créance TVA et la créance intérêt)
|
53.038,34
|
|
|
451
|
A
|
TVA à payer
(sur la totalité du loyer de 100.182,58)
|
|
21.038,34
|
|
707
|
A
|
Prestations de services - Chargement (partie
intérêts)
|
|
32.000,00
|
Courant N : Encaissement
|
550
|
|
Banque
|
121.220,92
|
|
|
400
|
A
|
Clients (totalité + TVA)
|
|
121.220,92
|
Au 31/12/N : Transfert pour la partie
échéant dans l’année
|
400
|
|
Créances commerciales à un an au plus
|
73.637,19
|
|
|
290
|
A
|
Créances commerciales à plus d’un an
|
|
73.637,19
|
En fin de contrat avec restitution :
annulation de l’engagement
|
053
|
|
Engagements de cession
|
25.000
|
|
|
052
|
A
|
Débiteurs pour engagements de cession
|
|
25.000
|
En fin de contrat avec levée de l’option par
le locataire
|
400
|
|
Clients
|
30.250
|
|
|
451
|
A
|
TVA à payer (sur l’option)
|
|
5.250
|
|
700
|
A
|
Vente de marchandise (option achat)
|
|
25.000
|
|
053
|
|
Engagements de cession
|
25.000
|
|
|
052
|
A
|
Débiteurs pour engagements de cession
|
|
25.000
|
Quelques
précisions :
18.0pt;line-height:14.0pt;mso-list:l5 level1 lfo1;tab-stops:list 36.0pt'>
-
Dans la pratique, les loyers seront généralement
mensuels ou trimestriels.
18.0pt;line-height:14.0pt;mso-list:l5 level1 lfo1;tab-stops:list 36.0pt'>
-
En fonction de la date de clôture de la société et
de la date de chaque contrat ainsi que de ses modalités (paiement à terme,
paiement par anticipation, etc.), des opérations de cut-off seront nécessaires
afin de reporter sur l’exercice suivant les produits encaissés par anticipation
ou, à l’inverse, d’imputer dans l’exercice la quote-part de produits acquis
pour des loyers payés à terme échus.
18.0pt;line-height:14.0pt;mso-list:l5 level1 lfo1;tab-stops:list 36.0pt'>
-
La société devra enregistrer son propre coût de
financement, lequel viendra en déduction des produits réalisés par le taux de
chargement du contrat et permettra à la société de déterminer sa marge.
Exemple 2 : Comptabilisation lorsque
l’opération ne répond pas à la définition comptable du leasing (soit une
location opérationnelle, appelée souvent renting) ou lorsqu’il s’agit d’un
contrat de location
Valeur
d’acquisition du bien : 600.000
Valeur de l’option :
300.000
Valeur vénale
estimée du bien après période de location : 200.000
à la « Valeur
de contrat » est dès lors déterminée par le loueur à : 400.000
Durée du contrat
de location : 5 ans
Date de
début : 1/1/N
Durée de vie
économique du bien : 8 ans
Taux
d’intérêt : 8 %
Supposons que
l’annuité ait été fixée à 101.000 selon un calcul analogue à celui réalisé dans
l’exemple ci-avant
1/1/N : Achat du bien destiné au
leasing
|
26
|
|
Immobilisations destinés à la location
auprès de tiers
|
600.000
|
|
|
411
|
|
TVA sur achat
|
126.000
|
|
|
440
|
A
|
Fournisseurs
|
|
726.000
|
1/1/N : Enregistrement du loyer
|
400
|
|
Créances commerciales à un an au plus
(loyer + TVA)
|
122.210
|
|
|
70
|
A
|
Chiffre d’affaires (loyer)
|
|
101.000
|
|
451
|
A
|
TVA à payer
|
|
21.210
|
Courant N : encaissement
|
550
|
|
Banque
|
122.210
|
|
|
400
|
A
|
Clients (loyer + TVA)
|
|
122.210
|
Au 31/12/N : Amortissement
de fin d’exercice
La règle d’évaluation
adoptée peut par exemple être d’amortir le différentiel entre la valeur
d’acquisition (600.000) du bien et sa valeur de marché supposée en fin de
contrat (200.000) (soit la valeur de contrat de 400.000)
|
630
|
|
Dotations aux amortissements corporels
(400.000 / 5 ans)
|
80.000
|
|
|
26x9
|
A
|
Amortissements actés sur actifs donnés en
location
|
|
80.000
|
D’autres règles
sont possibles :
18.0pt;line-height:14.0pt;mso-list:l5 level1 lfo1;tab-stops:list 36.0pt'>
-
amortir la totalité de la valeur d’acquisition
(600.000) sur la durée de la location (5 ans), mais il subsistera alors une
plus-value latente importante en fin de contrat (soit la valeur de marché au
terme de la location). Toute fluctuation
du niveau d’activité (nombre et importance des contrats) modifiera
substantiellement les résultats de l’entreprise, ses profits étant
essentiellement reportés sur le futur.
18.0pt;line-height:14.0pt;mso-list:l5 level1 lfo1;tab-stops:list 36.0pt'>
-
amortir la totalité de la valeur d’acquisition sur
la durée de vie économique du bien 600.000 / 8 ans, soit 75.000 par an. Au terme du contrat de location (5 ans), la
valeur résiduelle comptable (= 225.000) est toutefois supérieure à la valeur de
marché estimée (200.000), de sorte qu’il existe une forte probabilité de
réaliser une moins-value lors du dénouement. La société anticipe en fait son résultat.
En fin de contrat (avec,
selon les termes du contrat, restitution)
18.0pt;line-height:14.0pt;mso-list:l5 level1 lfo1;tab-stops:list 36.0pt'>-
Soit l’actif immobilisé est conservé par la société
et doit dès lors être transféré dans une autre rubrique (par exemple en
machines et outillage). Il y apparaît
pour sa valeur d’acquisition de 600.000 et des amortissements actés de 400.000,
soit une valeur nette comptable de 200.000.
Le bien sera alors amorti, selon les règles d’évaluation précitées, sur
les trois années restantes, soit un amortissement annuel de 66.666 EUR
18.0pt;line-height:14.0pt;mso-list:l5 level1 lfo1;tab-stops:list 36.0pt'>-
Soit l’actif est redonné en location, par exemple
dans un circuit de location de matériel d’occasion. Les mêmes opérations que celles de l’exemple
se reproduisent selon les données du nouveau contrat, sauf l’acquisition
initiale.
18.0pt;line-height:14.0pt;mso-list:l5 level1 lfo1;tab-stops:list 36.0pt'>-
Soit l’actif est vendu, par exemple à un circuit de
distribution de biens d’occasion (généralement le cas avec les loueurs de
voiture). Il peut par exemple être vendu
215.000 EUR si l’évolution du marché a été favorable, et dans ce cas l’actif
sort du bilan et une plus-value de 15.000 est dégagée par rapport à la valeur
comptable de 200.000. S’il n’est vendu
que 180.000, la société réalise une moins-value de réalisation de 20.000, qui
vient diminuer sa marge globale sur l’opération de location.
Un mode de
comptabilisation pourrait prévoir, pour les biens arrivés en fin de contrat qui
seront revendus, de les transférer à leur valeur comptable résiduelle dans un
compte de stock.
Lorsque le bien
est vendu, la comptabilisation sera alors celle d’une vente de
marchandise. C’est un procédé
généralement appliqué lorsque l’entreprise de location dispose d’un nombre
important de contrats (et donc de fins de contrats).
> Comptabilisation du renting et du leasing
4 juin 2007
Pour ce qui est de la comptabilisation du renting dans le chef du donneur, pourquoi enregistre-t-on l’acquisition du bien en compte 26 ? L’article 95 de l’AR du 30/01/2001 stipule concernant les "autre immobilisations corporelles" : sont portés sous cette rubrique,... les biens meubles et immeubles donnés en location sauf si les créances qui résultent de ces contrats sont comptabilisées dans les rubriques V et VII. Or, c’est bien le cas dans cet exemple. Comment comptabiliser l’acquisition dans le chef du donneur ? En stock ?