Introduction
Une agence
immobilière travaille essentiellement sur des données : les biens, les
propriétaires, les candidats.
Ces données en
portefeuille sont la richesse de l’agence.
Elle doit les
protéger dans son intérêt mais aussi dans l’intérêt des personnes concernées
lorsque ces données ont un caractère personnel.
La loi du 8
décembre 1992, modifiée le 11 décembre 1998 (et son arrêté du 13 février 2001)
impose des obligations à cet égard (voy. aussi la
directive européenne du 24 octobre 1995).
Quand une donnée est-elle protégée ?
Quand elle
concerne un personne physique identifiée ou identifiable et qu’elle figure dans
un fichier : une information sur un bien (nombre de chambre, orientation,
surface) n’est pas visée ; par contre l’adresse du bien permet
d’identifier une personne, et cette donnée tombe dans le champ d’application de
la loi.
Quel est le principe ?
Lors du
traitement de données à caractère personnel la concernant, toute personne
physique a droit à la protection de ses libertés et droits fondamentaux,
notamment à la protection de sa vie privée (art. 2).
La vie privée
doit être protégée lors de tout traitement.
Qu’est ce qu’un traitement ?
Il s’agit de toute
opération appliquée à des données à caractère personnel (collecte, enregistrement,
consultation, utilisation, communication par transmission, diffusion, édition, …)
(art. 1er).
C’est la
communication qui nous intéresse, car l’agence diffuse l’information de manière
personnalisée ou sur les sites immobiliers (immoweb, immoscan, vlanimmo, etc.).
Un responsable
L’entreprise
qui manipule des fichiers de données à caractère personnel doit désigner un
responsable du traitement.
Les traitements autorisés
Les données à
caractère personnel doivent être :
-
Traitées loyalement et licitement ;
-
Collectées pour des finalités déterminées,
explicites et légitimes, et ne pas être traitées ultérieurement de manière
incompatible avec ces finalités, compte tenu de tous les facteurs pertinents,
notamment des prévisions raisonnables de l'intéressé et des dispositions
légales et réglementaires applicables.
Quand le traitement est-il légitime ?
-
Lorsque la personne concernée a indubitablement
donné son consentement ;
-
Lorsque le traitement est nécessaire à
l'exécution d'un contrat auquel la personne concernée est partie ;
-
Lorsqu'il est nécessaire à la réalisation de
l'intérêt légitime poursuivi par le responsable du traitement ou par le tiers
auquel les données sont communiquées, à condition que ne prévalent pas
l'intérêt ou les droits et libertés fondamentaux de la personne concernée.
On peut déjà
en déduire que :
-
Recueillir l’accord du propriétaire pour
communiquer l’adresse d’un bien est utile ;
-
Mais cela constitue aussi l’exécution de la
mission de l’agence immobilière lorsque cette communication s’indique.
L’article 53
de l’A.R. considère que le traitement relatif à la
comptabilité de l’agence est légitime.
Il en va de
même de la gestion des clients et fournisseurs (art. 55), et des données
traitées en vue de communication avec la personne concernée (email, adresses, etc.).
On notera que
l'utilisation du courrier électronique à des fins de publicité est interdite,
sans le consentement préalable, libre, spécifique et informé du destinataire
des messages.
La preuve du
caractère sollicité des publicités par courrier électronique incombe au
prestataire.
Que doit faire l’agence ?
-
Informer la personne concernée des
caractéristiques des traitements, même si les données ont été obtenues auprès
de la personne ;
-
Permettre à la personne l’accès aux données et
éventuellement leur rectification ;
-
Permettre l’opposition au traitement pour des
raisons sérieuses et légitimes tenant à une situation particulière (mais pas
lorsque le traitement est destiné à exécuter le contrat).
La loi garantit à la personne concernée le droit de s’opposer,
gratuitement et sans aucune justification, au traitement à des fins de direct
marketing (art. 12).
-
Garantir la sécurité et la confidentialité des
données (art. 16).
-
Recueillir l’accord des personnes qui entrent en
contact avec l’agence de recevoir des informations sur les biens immeubles par e-mail.
Sanction
Le responsable
du traitement est responsable du dommage causé par un acte contraire aux
dispositions déterminées par ou en vertu de la présente loi. Il est exonéré de
cette responsabilité s'il prouve que le fait qui a provoqué le dommage ne lui
est pas imputable.
Il existe
aussi des sanctions pénales (amende de 500 à 500.000 €) et le Président du tribunal de première instance
peut intervenir pour permettre à la personne concernée de faire valoir ses
droits.
Publicité sur le web
Les données
personnelles collectées à l’occasion d’une opération d’achat-vente sont
intéressantes sur le plan du marketing direct.
Le vendeur est
en situation de placement d’épargne et l’acheteur doit renouveler ses
assurances et contracter un prêt.
L’agence ne
peut valoriser les données à ces fins ou permettre à des tiers de les valoriser
ainsi, sans le consentement exprès, éclairé et révocable des intéressés.
Cela pose la
question des passerelles informatiques entre les logiciels de gestion des agences
immobilières et les sites web qui sont des
intervenants obligés pour la commercialisation.
Le contrôle
des données transférées volontairement ou
automatiquement est une obligation qui pèse sur les agences.
Si la
passerelle logicielle envoie l’ensemble des données de l’agence sans
intervention ou sans sélection de l’agence, le respect de la confidentialité
des données n’est plus assuré.
Le mode de
transfert des données, et le stockage éventuel qui accompagne ce transfert ou
qui procède plus fondamentalement du fonctionnement des logiciels de gestion,
doivent donc rester sous le contrôle de l’agence.
Cela permet à
l’agence d’assumer ses obligations légales de protection des données
personnelles.