La loi du 12
janvier 2004 (M.B. du 23 janvier 2004) modifie la loi du 11 janvier 1993 relative
à la prévention de l'utilisation du système financier aux fins du blanchiment
de capitaux.
Elle
intéressera tout particulièrement les avocats.
En effet
l’article 4 de la loi insère un article 2 ter,
rédigé comme suit :
« Dans la mesure où elles le prévoient
expressément, les dispositions de la présente loi sont également applicables
aux avocats :
1° lorsqu'ils assistent leur client dans la
préparation ou la réalisation de transactions concernant :
a) l'achat ou la vente de biens immeubles ou
d'entreprises commerciales;
b) la gestion de fonds, de titres ou
d'autres actifs appartenant au client;
c) l'ouverture ou la gestion de comptes
bancaires ou d'épargne ou de portefeuilles;
d) l'organisation des apports nécessaires à
la constitution, à la gestion ou à la direction de sociétés;
e) la constitution, la gestion ou la
direction de trusts, de sociétés ou de structures similaires;
2° ou lorsqu'ils agissent au nom de leur
client et pour le compte de celui-ci dans toute transaction financière ou immobilière
».
C’est donc le
conseil (1°) et le mandat (2°) qui sont visés.
La rédaction
assez large de la loi implique que l’avocat ne peut plus intervenir lorsqu’il
constate qu’une contrepartie à une opération fait intervenir des fonds visés
par la loi anti-blanchiment.
Prudence donc …
Mais ce n’est
pas tout.
La loi
contient des mesures tendant à restreindre progressivement les paiements en
espèces. Une première série de mesures sont d’application à partir du 2 février
2004.
C’est ainsi
que :
-
Le prix de la vente d'un bien immobilier ne
pourra être acquitté qu'au moyen d'un virement ou d'un chèque, excepté pour un
montant n'excédant pas 10 % du prix de la vente, et pour autant que ce montant
ne soit pas supérieur à 15.000 €. La convention et l'acte de vente devront
préciser le numéro du compte financier par le débit duquel la somme a été ou
sera transférée,
-
Le prix de la vente par un commerçant d'un
article dont la valeur atteint ou excède 15.000 € ne pourra plus être acquitté
en espèces ; en cas de non respect de cette disposition, des amendes
particulièrement lourdes pouvant aller jusqu’à 10 % des sommes indûment réglées
en espèces seront infligées à l’initiative du Ministère des Affaires
économiques.