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Les avocats et le blanchiment - Les transactions en espèces

Loi du 12 janvier 2004
dimanche 25 janvier 2004. Un article de Gilles CARNOY
La loi du 12 janvier 2004 sur le blanchiment vise expressément l’avocat tant comme mandataire que comme conseiller. Elle prohibe aussi les transactions en espèces

La loi du 12 janvier 2004 (M.B. du 23 janvier 2004) modifie la loi du 11 janvier 1993 relative à la prévention de l'utilisation du système financier aux fins du blanchiment de capitaux.

Elle intéressera tout particulièrement les avocats.

En effet l’article 4 de la loi insère un article 2 ter, rédigé comme suit :

« Dans la mesure où elles le prévoient expressément, les dispositions de la présente loi sont également applicables aux avocats :

1° lorsqu'ils assistent leur client dans la préparation ou la réalisation de transactions concernant :

a) l'achat ou la vente de biens immeubles ou d'entreprises commerciales;

b) la gestion de fonds, de titres ou d'autres actifs appartenant au client;

c) l'ouverture ou la gestion de comptes bancaires ou d'épargne ou de portefeuilles;

d) l'organisation des apports nécessaires à la constitution, à la gestion ou à la direction de sociétés;

e) la constitution, la gestion ou la direction de trusts, de sociétés ou de structures similaires;

2° ou lorsqu'ils agissent au nom de leur client et pour le compte de celui-ci dans toute transaction financière ou immobilière ».

C’est donc le conseil (1°) et le mandat (2°) qui sont visés.

La rédaction assez large de la loi implique que l’avocat ne peut plus intervenir lorsqu’il constate qu’une contrepartie à une opération fait intervenir des fonds visés par la loi anti-blanchiment.

Prudence donc …

Mais ce n’est pas tout.

La loi contient des mesures tendant à restreindre progressivement les paiements en espèces. Une première série de mesures sont d’application à partir du 2 février 2004.

C’est ainsi que :

-          Le prix de la vente d'un bien immobilier ne pourra être acquitté qu'au moyen d'un virement ou d'un chèque, excepté pour un montant n'excédant pas 10 % du prix de la vente, et pour autant que ce montant ne soit pas supérieur à 15.000 €. La convention et l'acte de vente devront préciser le numéro du compte financier par le débit duquel la somme a été ou sera transférée,

-          Le prix de la vente par un commerçant d'un article dont la valeur atteint ou excède 15.000 € ne pourra plus être acquitté en espèces ; en cas de non respect de cette disposition, des amendes particulièrement lourdes pouvant aller jusqu’à 10 % des sommes indûment réglées en espèces seront infligées à l’initiative du Ministère des Affaires économiques.

Un article de  Gilles CARNOY
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