Une ordonnance
du 6 aout 2010 adapte le Code des droits de succession de la Région de
Bruxelles-Capitale. Cette ordonnance est en vigueur depuis le 3 septembre 2010.
Le droit de
succession frappe toute la succession nette d’un habitant du Royaume.
Le droit de
mutation par décès porte en principe sur la valeur des immeubles situés en
Belgique dans la succession d’un non-habitant du Royaume.
A présent,
pour le droit de mutation, il faudra vérifier si le défunt résidait dans l’EEE
(Espace économique européen).
En effet, si
le non-habitant du Royaume réside dans l’EEE, il pourra déduire un passif de la
valeur de l’immeuble.
Si le
non-habitant réside hors EEE, c’est la valeur de l’immeuble qui formera
l’assiette taxable.
Quel est le
passif qui sera déductible ?
La base
taxable de la succession de l’habitant du Royaume est réalisée de l’actif
successoral déduction faite des dettes du défunt au moment du décès, des frais
funéraires, des reprises et récompenses et, pour les immeubles situés à
l’étranger, de l’impôt perçu dans l’État de situation des immeubles.
A présent,
pour les droits de mutation par décès, c’est-à-dire sur la valeur de l’immeuble
belge du non-habitant du Royaume, on pourra déduire les dettes spécifiquement
contractées pour acquérir ou conserver les immeubles belges, si le non-habitant
réside dans l’EEE.
Cette
modification du Code des droits de succession fait suite à l’arrêt arrêt du 11
septembre 2008 (Eckelkamp – C-11/07) de la CJUE, et à
la mise en demeure de la Commission du 28 janvier 2010.
Donc, si
l’immeuble belge appartenait à un défunt hors EEE, la base taxable reste la
valeur de l’immeuble sans pouvoir déduire les dettes immobilières.
Bref,
l’ordonnance rapproche en la matière le résident européen du belge. Cela est
bien normal, toute faveur nationale étant une restriction à la libre
circulation.
Le
rapprochement dépasse même l’EEE concernant l’exemption (15.000 €) de l’article
54 CDS, qui est désormais applicable tant pour le droit de succession que de
mutation par décès, sans considérer si le non-habitant réside ou non dans
l’EEE.
Cette
modification fait suite à une mise en demeure de la Commission européenne du
1er décembre 2008.
Et les
transmissions d’entreprise au taux réduit de 3 % ?
Désormais, le
taux de 3 % pour les transmissions d’entreprise est applicable tant pour les
successions d’habitant du Royaume que pour les mutation par décès.
Par
entreprise, on entend un commerce ou des actions de société.
Pour les actions,
il doit s’agir d’une société dont le siège de direction effective est situé
dans un État membre de l’Union européenne et qui se livre à une exploitation
industrielle, commerciale, artisanale ou agricole ou une profession libérale.
Désormais, le
siège doit être situé dans l’EEE : ainsi l’Islande, la Norvège et le
Liechtenstein ne sont plus exclus. La Belgique avait été mise en demeure le 27
juin 2008 par la Commission ce sujet.
Enfin, pour
respecter le principe de la libre circulation et toujours dans les
transmissions d’entreprise, la condition que l’activité principale de
l’entreprise se poursuive pendant encore cinq ans après le décès, ne requiert
plus que cette activité reste en Belgique.
C’est aussi la
mise en demeure du 27 juin 2008 de la Commission européenne qui a inspiré cette
adaptation.