Une erreur matérielle dans un acte de l’état civil
peut présenter de fâcheuses conséquences.
Il existe dans le Code judiciaire une procédure (art.
1383 à 1385 du Code judiciaire) en rectification d’acte de l’état civil (voyez
notre modèle www.businessandlaw.be/article1014.html).
Il faut procéder par requête auprès du tribunal de
première instance. Le Parquet est invité à donner son avis.
Le jugement qui statue sur la demande de
rectification de l’acte ne peut opérer un changement de celui-ci.
En réalité, le dispositif du jugement de
rectification est remis à l'officier de l'état civil qui le transcrit sans
tarder dans les registres.
L’acte réformé porte alors une mention en marge,
indiquant le dispositif du jugement et, bien entendu, l’acte n’est plus délivré
qu’avec les rectifications ordonnées.
L’annotation marginale s’opère selon l’arrêté du 8
juin 1823.
Une procédure plus simple s’imposait.
C’est l’objet de la loi du 15 mai 2007 (M.B. 12
juillet 2007) modifiant le Code civil et le Code judiciaire en ce qui concerne
la rectification d’erreurs matérielles dans les actes de l’état civil.
Cette loi rétablit les articles 99 et 100 du Code
civil abrogés par la loi du 15 juillet 1970.
Désormais la rectification peut être réalisée en
marge de l’acte, directement à l’intervention de l’Officier de l’état civil.
De quelles erreurs matérielles s’agit-il ?
-
une
faute de frappe dans les noms, prénoms et adresses,
-
une
erreur relative à une date de naissance ou de décès dans un acte, si une
attestation de naissance ou de décès mentionne une autre date,
-
une
erreur relative à une date de mariage,
-
une
erreur relative à l’officier de l'état civil mentionné dans l'acte,
-
une
erreur relative à la date à laquelle l'acte a été dressé,
-
une
erreur relative à l’état civil, si celui-ci s'avère être différent sur la base
d'autres actes.
Comment ?
-
D’office,
par l’Officier de l’état civil, s’il constate l’erreur matérielle sur la base
d'autres actes authentiques ou attestations officielles,
-
Après
qu’il ait recueilli l’avis favorable du Procureur du Roi qui se prononce dans
les 60 jours,
-
Par une
mention marginale, datée et signée à l’encre rouge ( !), mentionnant la
date de l’avis favorable du procureur du Roi.
-
Et tous
les actes affectés doivent être rectifiés, éventuellement à l’intervention d’un
autre Officier de l’état civil alerté par son collègue par la communication de
l’avis favorable du Procureur du Roi.
Il devient donc possible d’interpeler directement
l’Officier de l’état civil, si l’erreur est manifeste, pour qu’il exerce son droit
(et même son devoir) de rectifier).
Le recours au tribunal n’est donc plus la seule
voie.
C’est évidemment une heureuse simplification car
les erreurs d’acte ou les incohérences entre actes sont légion lorsqu’il s’agit
d’étrangers.
Dans de nombreux pays, les registres sont moins
bien tenus et cela provoque parfois des difficultés lors des mariages ou en cas
d’adoption.